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COMMUNIQUE



Paris le 9 Octobre 2018

 

La Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël ( C.J.F.A.I) ainsi que l’immense majorité des juifs de France et des amis d’Israël de toutes confessions ont été choqués, indignés et blessés par la bande-annonce de l’Émission «Envoyé Spécial» du 11 octobre 2018, et tout particulièrement par l’intitulé de son second reportage : «Gaza: une jeunesse estropiée» .

Cet intitulé laisse entendre qu’une jeunesse, présumée innocente, serait torturée et mutilée par une horde de barbares.

Indépendamment du fait que cette jeunesse, comme celle qui sévit au sein de DAECH ou de BOKO HARAM, est instrumentalisée par une gouvernance (le HAMAS) déclarée «terroriste» par tous les états occidentaux ainsi que par de nombreux états arabes, cette jeunesse est loin d’être passive et innocente mais plutôt agressive et active.

Sans préjugé du contenu de cette enquête, l’intitulé du reportage et les extraits choisis inclus dans la bande-annonce ne peuvent que nous inquiéter profondément au vu des conséquences dramatiques qui pourraient découler de la diffusion d’un tel document, fortement biaisé et partial.

En effet, déjà en septembre 2000, la diffusion d’un reportage, signé Charles Enderlin, ciblait, de manière fallacieuse, l’armée d’Israël comme responsable de la mort d’un enfant, Mohammed Al-Durah. Ce reportage sera à l’origine de la montée d’une vague d’antisémitisme dans notre pays, inconnue depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et sera suivie d’une multitude d’agressions antisémites.

Ce reportage, largement contesté et dont le montage a été condamné par la Cour d’Appel de Paris, indépendamment de sa partialité, vraie ou prétendue, a eu pour conséquence d’embraser nos banlieues et d’exacerber la haine inter-communautaire dans notre pays.

En 2012, différents reportages, de même nature, ont été à l’origine des massacre d’Ozar Atorah à Toulouse par Mohammed Merah qui déclarait agir pour «venger les jeunes palestiniens» !

En 2015, les assassins, à l’origine du massacre de l’Hypercasher , se disaient motivés par les mêmes raisons et il se peut qu’ils ont été influencés par certains reportages de France 2, alors même que nombre d’entre eux présentés comme actualité de Gaza provenaient d’autres champs de bataille !

Et c’est, encore, cette même chaîne qui décide de programmer jeudi 11 octobre un reportage d’Elise Lucet monstrueusement intitulé « Gaza, une jeunesse estropiée ».

La bande-annonce partisane , et peut-être le reportage qui sera diffusé, omettent d’évoquer l’origine des violences palestiniennes contre les civils israéliens et la motivation de cette horde organisée qui, comme ils le disaient eux-mêmes, voulaient envahir le territoire israélien.

Ce reportage est similaire à un reportage sur le seconde guerre mondiale qui démarrerait au bombardement de Dresde, et serait illustré par la misère allemande et les éliminations de nazis par les alliés et qui, donc, laisserait croire que les alliés auraient agis par cruauté et de manière gratuite ! Cela aurait, bien entendu, donné une image épouvantable des alliés car on aurait occulté les 5 ans de guerre qui précédaient !

Quels que soient les objectifs de la chaîne, ce rapportage sera perçu comme une violence gratuite contre la jeunesse palestinienne et sera un catalyseur de la haine antisémite dans les banlieues déjà enflammées.

Au moment où l’on assassine des juifs en France ( Ilan Halimi, Sébastien Sellam, les victimes d’Ozar Atorah et de l’hypercasher, Sarah Halimi, Mireille Knol,…), au moment où des juifs, chaque jour et sur tout le territoire, sont agressés et au moment où notre Ministre de l’Intérieur nous met en garde contre un «face à face» violent, est-il pertinent et utile qu’une chaîne publique ( donc sous tutelle du gouvernement) agisse en soufflant sur la braise !

Est-il possible que cela puisse être sans que le gouvernement, organe de tutelle, n’échappe à une accusation de laisser-faire, voire de complicité des suites éventuelles de cette diffusion ?

Indépendamment de tout jugement sur le fond, est-il concevable que la diffusion de ce reportage soit maintenue, alors que visiblement il semble avoir pour principal but le spectaculaire et le buzz (spécialité d’Élise Lucet) comme son intitulé le laisse entendre !

Elise Lucet, France 2, le CSA, le Ministre de tutelle et les plus hautes autorités de l’État ne pourront se dédouaner de leur responsabilité si, par malheur, le nombre d’agressions antisémites venait à exploser suite à ce reportage.

Et, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas !

Nous demandons à l’autorité de tutelle d’agir de toute urgence afin d’annuler la diffusion de cette émission ou de la repousser afin d’en permettre le rééquilibrage et un minimum d’impartialité afin d’éviter l’irréparable.

Enfin, nous demandons aux autorités françaises, et aux médias, de cesser d’apporter leur soutien aux terroristes tels Salah Hamouri, Ahed Tamimi, … ainsi qu’au mouvement terroriste du Hamas, seul responsable de la mort des jeunes palestiniens qu’il sacrifie sans pitié sur l’autel d’un « retour » illusoire et impossible.

Nous prenons acte de cette situation et mettons en garde sur le danger, non négligeable, qu’un tel parti pris puisse conduire à de nouvelles manifestations d’antisémitisme sur tout le territoire national.

Bien entendu, nous appelons tous les français à montrer leur indignation et venir protester devant France 2, 7 Esplanade Henri France, 75015 Paris ce mercredi 10 octobre à 19H

 

Richard C. ABITBOL
Président

* Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël ( C.J.F.A.I )

 

 

 

 

 

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La Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël déçue par le plan de lutte contre l’antisémitisme d’Édouard Philippe


Paris le 25 Mars 2018

 

La Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël , après lecture attentive du plan de lutte contre l’antisémitisme présenté lundi 19 Mars par Édouard Philippe, se dit profondément déçue par son contenu. !

La Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël n’a pas voulu réagir à chaud à cette présentation, ce sujet crucial étant trop sensible pour se permettre de réagir par l’émotion ou l’approximation. Nous avons donc voulu analyser tous les éléments contenus dans ce document avant de réagir.

Malheureusement, à la lecture de ce document, nous n’avons pu qu’être conforté par la faiblesse des propositions faites, surtout si on les compare à celles qui ont été faites par le précédent gouvernement de Manuel Valls, lors de sa conférence du 17 avril 2015.

Le plan présenté ce lundi ne fait que reprendre les poncifs qui ont montré leur inefficacité depuis des décennies. Certes, une volonté d’initiative législative européenne est exprimée mais, même si elle devait aboutir, elle ne serait qu’un élément mineur tant les hébergements se sont disséminés de par la planète.

Beaucoup d’éléments décrits comme novateurs ne sont que la reprise d’éléments actuellement opérationnels: la pré-plainte sur internet est déjà effective avec les signalements de la plate-forme Pharos, la chasse aux informations racistes et antisémites est effective par le B.N.V.C.A depuis 2002, la formation spécifique des magistrats a été installée en 2005, la volonté ( présumée) d’agir dans les écoles,…

Le problème, aujourd’hui, n’est pas tant la chasse aux propos haineux sur les réseaux sociaux, ou leurs poursuites pénales, mais la valeur dissuasive de la répression pénale qui doit en découler et qui n’est même pas évoquée dans ce plan.

La première, et seule mesure déterminante, qui doit être prise pour que le racisme ou l’antisémitisme ne soit plus perçu comme un dérapage d’opinion mais comme un véritable délit est qu’il soit réprimé comme tel dans le code pénal général !

Comment éduquer, convaincre, réprimer l’antisémitisme quand sa répression est incluse dans la répression des abus d’opinion tels que définis par la loi de la presse de 1881 !

Si l’État ne conçoit pas le racisme et l’antisémitisme comme une atteinte aux droits de la personne et réprimée comme telle, comment pourrait-il en être autrement pour les auteurs de ces délits ?

Nous reviendrons longuement sur ce plan 2018-2020 pour démontrer à quel point il constitue une régression par rapport au plan 2015-2017 présenté par Manuel Valls. Ce plan, appuyé par les précédents Ministre de l’Intérieur, Garde des Sceaux, Premier Ministre et Président de la République, et qui était une avancée spectaculaire dans ce domaine, n’a pu s’incarner dans une loi suite aux énormes pressions, incompréhensibles, de ceux-là mêmes qui applaudissent aujourd’hui au présent plan .

Déçus nous sommes, mais combatifs nous restons, afin de venir à bout de ce fléau qu’est l’antisémitisme et le racisme, fléau, qui aujourd’hui, tue en France !

Nous ne cesserons de rappeler que la première mesure significative pour lutter efficacement contre ce fléau est la mise en application, en tous points, du plan Valls présenté en 2015.

Si l’État n’est pas en mesure de mettre en application ce plan, alors il n’y a plus rien à espérer de l’État dans ce combat d’une importance vitale pour les français et tout particulièrement pour la communauté juive, menacée dans sa sécurité la plus vitale.

 

Richard C. ABITBOL
Président